Le mot du Consul général - été 2021 [en]

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Chers compatriotes, chers amis,

Au début de cet éditorial, j’ai envie de citer cette phrase de Jacques Salomé, extraite de son livre « Le courage d’être soi » : « J’appelle vivance de la vie cette qualité de vibration jubilatoire, cette profusion vitale et frémissante, cette profondeur grave, cette dynamique chargée de force et de puissance déposée en chacun au moment de sa conception et qu’il nous appartient d’entretenir et d’amplifier dans le cycle d’une existence ».

C’est cette « vivance » que j’observe autour de moi et en France, alors que la pandémie recule très nettement en cette fin juin. En effet, chacun peut voir, tandis que nos pensées se tournent vers les pays toujours très touchés par l’épidémie, que des jours meilleurs, des jours d’été, se sont approchés à grands pas, en Europe comme aux Etats-Unis. Les succès des campagnes de vaccinations sont incontestables et ont ainsi permis que la France décide, le 16 juin dernier, de mettre les Etats-Unis en zone verte, rétablissant ainsi la libre circulation des Etats-Unis vers la France, les tests PCR ou antigénique n’étant plus obligatoires que pour les personnes non complètement vaccinées. Néanmoins, je vous encourage à rester vigilant et à suivre toutes les recommandations sanitaires, et aussi à garder votre bon sens, lequel ne ment jamais.

L’amélioration de la situation sanitaire m’a permis, comme à vous tous, de sortir du tout virtuel et, en tant que diplomate, je suis alors toujours ravi d’approfondir ma découverte d’un pays, de sa culture locale, et d’aller à la rencontre de la population. Ainsi, dès la mi-mai j’ai pu me rendre en mission avec plaisir dans deux Etats de notre circonscription : l’Alabama et le Mississippi.

J’ai d’abord poussé vers l’Etat d’Alabama. Rejoint par le Conseiller transports de l’ambassade de France aux Etats-Unis, un charmant collègue, par ailleurs pianiste professionnel, j’ai fait la visite du site d’Airbus. Installé à Mobile depuis 2007, la filiale américaine du groupe européen aéronautique a inauguré son premier site de production d’avions commerciaux aux Etats-Unis en 2015. Lors de cette visite, j’ai eu la chance de pouvoir observer de près le montage final des A320 qui y sont assemblés. Le professionnalisme des ingénieurs, techniciens et ouvriers spécialisés qui finalisent ces avions est impressionnant. Le carnet de commandes de l’usine est plein pour la décennie à venir. Et la reprise du trafic aérien leur permet de remonter en puissance dans la production des avions. Nous avons également visité un centre d’initiation des jeunes scolaires aux métiers aéronautiques. Il s’agit là à mon avis d’une excellente idée d’Airbus pour sensibiliser les jeunes à l’attrait des métiers techniques et créatifs. Ensuite nous avons pu nous entretenir avec la très sympathique et dynamique Chambre de Commerce de Mobile. Nous avons enchainé sur une visite du port de Mobile, qui réceptionne notamment les pièces détachées nécessaire au montage des Airbus, et qui ne manque pas de projets pour s’agrandir encore et participer ainsi encore plus au développement de l’Alabama et du Sud-Est en général.

Le lendemain matin, j’ai visité l’USS Alabama, cet impressionnant cuirassé lancé en 1942 et dont l’informatique qui servait à guider les tirs des grandes tourelles était tellement en avance qu’elle a servi jusqu’à la guerre du Golfe de 1991.

J’ai pris grand plaisir à me promener tranquillement dans le centre de Mobile, ville créée en 1702 par les français et qui a heureusement conservé de magnifiques maisons aux balcons ouvragés qui font dire de Mobile qu’il s’agit d’une petite « Nouvelle Orléans ». Dauphin street fait bien évidemment référence au Dauphin de France et non pas au fameux cétacé qui est si sympathique par ailleurs.

Je me suis ensuite rendu dans la ville côtière de Pascagoula dans le Mississippi pour une cérémonie d’inauguration en l’honneur de la rénovation de la maison historique de LaPointe-Krebs. Construite en 1757 durant la période de colonisation française, ce bâtiment correspond à la plus vieille structure toujours existante de la vallée du Mississippi. Cette trace du patrimoine français au sein de la belle région du Golfe du Mexique rappelle à quel point l’histoire de la France et des Etats-Unis est imbriquée. La cérémonie a été très émouvante et ensoleillée sur la maison comme dans le cœur de tous les participants.

Ces deux déplacements – l’un culturel, l’autre de nature principalement économique – témoignent de la diversité des liens entre la France et les Etats-Unis. Quant aux relations commerciales, le nouveau rapport du service économique de l’Ambassade de France met en valeur des investissements et des échanges bilatéraux. Parmi les chiffres à retenir, il constate une croissance de 7,7 % sur un an et de 36 % sur dix ans de ces échanges commerciaux. De même, les entreprises françaises emploient près de 780 000 personnes aux Etats-Unis ; les entreprises américaines emploient quant à elles 500 000 personnes en France. Au vu de tendances à la hausse depuis ces dernières années, il est clair que les relations économiques continueront à se renforcer.

Je vous invite à découvrir ce rapport, dont les fiches détaillant les relations économiques entre la France et les six états de notre circonscription. Parmi les informations notables :

  • la Caroline du nord se trouve en tête de notre région en termes d’échanges commerciaux (5 milliards de dollars par an) ;
  • les exportations vers la France sont dominées par le secteur du transport ;
  • les entreprises françaises sont le deuxième employeur étranger dans le Mississippi et la Caroline du sud.

Enfin, en avril, le Ministère de l’économie et des finances a octroyé un nouveau label « French Tech » dans notre circonscription, cette fois-ci à Atlanta. L’appellation French Tech Atlanta permettra de créer un réseau francophile au cœur de l’écosystème de la ville et de renforcer des canaux de coopération entre la France et la Géorgie. Soutenue par une trentaine de parties prenantes de l’écosystème, notamment des startups françaises et américaines locales, la communauté French Tech Atlanta rejoint un réseau de plus de 100 communautés de Tech à travers le monde.

Pour terminer cet éditorial, je tiens à partager avec vous ma découverte du poète géorgien, né à Atlanta, James L. Dickey (1923 - 1997) qui me semble lui aussi faire référence à la « vivance » quand il parle de poésie : « I had begun to suspect that there is a poet – or a kind of a poet – buried in every human being, like Ariel in his tree, and that the people whom we are pleased to call poets are only those who have felt the need and contrived the means to release the spirit from its prison ».

Comme James Dickey, je vous encourage donc à libérer le poète qui est en vous, à faire chanter la vie et à profiter de cet été qui est déjà bien présent.

Sincèrement,
Vincent Hommeril
Consul général de France

Dernière modification : 12/07/2021

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